La review de WOM: Mark Stoermer-« Dark Arts »

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Qu’on se le dise: si 2015 était l’année ou les Victims (le nom des fans de The Killers) ont pu se remplir les oreilles avec les 2èmes albums de Brandon Flowers et de Big Talk (Le groupe parallèle du batteur Ronnie Vannucci), 2016 va partir sur la même veine, de manière à réduire un peu pendant quelques temps l’attente du 5ème album de The Killers, qui a l’heure actuelle n’est qu’à ses premiers balbutiements…

Cette année, toute la pression de cette mission est mise sur les épaules de Mark Stoermer, l’emblématique bassiste de la formation de Las Vegas. Le musicien s’est enfermé en studio avec deux amis, Merkley et David Hopkins (Membre du groupe Bombay Heavy, eux aussi de Vegas) pour bosser sur son 2ème bijou, Dark Arts, qui succédera à l’excellent Another Life sorti en 2011. L’album est signé sur le propre label de Mark Stoermer, St.August Records. Tout le boulot a été terminé en Février dernier, et pourtant Mark Stoermer n’a pas souhaité le dévoiler avant demain, ceci pour se consacrer à des études en licence d’histoire de l’art, abandonnée en 2002 et qui l’ont forcé à se faire remplacer par Jake Blanton au sein de The Killers cet été… Mais quand même plein de gentillesse, le rockeur a autorisé l’excellent site américain Noisey a diffuser l’album la veille de sa sortie via un lien Soundcloud privé. Il n’en fallait pas moins pour que The World Of Music y jette une oreille et que je vous donne mon avis, comme d’habitude piste par piste (il y en a 13) puis globalement, sans trop le spoiler évidemment puisqu’il n’est censé sortir que demain. Décryptage.

1) Alchemical Formula

Le morceau fait office d’intro de l’album. On a ici une magnifique musique au sonorités asiatique voir même indiennes. Puis c’est le piano qui fait son entrée, donnant une dimension encore plus planante à la piste. Pour terminer, on entend un homme démarrer un discours décrivant les arts obscurs (« Dark Arts« ) et citer deux titres de l’album: Alchemical Formula (la piste actuelle) et Fingerspitzengefühl (qui viendra vers la fin). Une belle entrée en matière.

2) Drifting Caterpillar

Selon Noisey, ce titre devrait être le 3ème single extrait de l’album après Spare The Ones That Weep et Are Your Stars Out? Pourtant à l’heure où j’écris ces lignes, le clip n’est toujours pas disponible sur la chaîne Youtube de Mark Stoermer… Quant au morceau en lui-même, il est parfaitement dans l’esprit de The Killers: du rock lourd avec un peu de synthé. Nul doute qu’il fera un excellent single!

3) Spare The Ones That Weep

Place maintenant au 1er single de l’album, dont le clip est sorti le 22 Juillet dernier. Ça va peut-être vous surprendre, mais pour ce titre Mark Stoermer s’est inspiré…de la France! En effet, les paroles et le clip sont un hommage à Jean-Luc Goddard et son film Alphaville, et on peut entendre quelques mots en français au début prononcées par une voix féminine! Le clip a été réalisé par Robert Schober (dit Roboshobo) et on y voit apparaître Margarita Kallas Lee en plus de Mark. Pour ce qui est de la piste, on y découvre une autre facette de Mark Stoermer, plus pop-électro même si c’est quand même la basse qui tient les fondations de la chanson. Un défi intéressant pour le musicien, qui a lui-même affirmé dans plusieurs interviews avoir voulu explorer des univers inexplorables avec The Killers. Spare The Ones That Weep en est un excellent exemple.

4) 39 Steps

La première impression que j’ai eue en appuyant sur le bouton Play, c’est que ce morceau ressemble vraiment à du Pink Floyd! Et ça tombe bien, puisque Mark Stoermer inclut justement le mythique groupe dans ses influences lors de l’élaboration de Dark Arts. Mention spéciale pour l’outro du morceau qui ressemble fort à une sorte de pétage de plomb vu qu’elle est beaucoup plus rock que la globalité du morceau!

5) Avarice/What’s Coming

La première des deux chansons de l’album à avoir un double titre. Il s’agit en fait de deux titres réunis en un: Avarice est le morceau principale et What’s Coming fait office d’outro. Les deux chansons sont séparées par une rapide transition à la batterie. Le riff de guitare d’Avarice ressemble à s’y méprendre à celui du tube de No Doubt, Don’t Speak. De plus, j’aime beaucoup comment Mark Stoermer monte avec sa voix, nous montrant toute l’étendue de son rang vocal, qui reste néanmoins grave. Quant à What’s Coming, on y retrouve les sonorités très Pink Floyd déjà explorées dans 39 Steps.

6) The Break In

Pas grand chose à dire sur ce titre. On a ici un morceau assez rock et qui peut rappeller Arctic Monkeys. J’ai beaucoup aimé l’intro à la batterie.

7) Take My Time

Encore une fois, une balade aux allures de Pink Floyd des temps modernes tenu solidement par les claviers. C’est planant, c’est beau. On a l’impression de voyager dans le monde de Mark Stoermer.

8) Blood and Guts (The Anatomy Lesson)

Dans l’interview qu’il donne justement pour le site de Noisey, Mark Stoermer affirme que cette chanson est sa préférée de tout l’album. Il ne lui a fallu que quelques heures pour terminer tout le morceau. Un risque d’avoir une chanson bâclée? Pas du tout, ça serait mal connaître le bassiste de The Killers! On a ici un superbe morceau mi-balade mi-rock qui sonne comme une rencontre entre The Turtles et Pink Floyd. On comprend pourquoi Mark Stoermer l’adore, et je vous avoue que j’ai du mal à croire qu’il n’a bossé que quelques heures dessus tant c’est beau.

9) Tow The Line

Encore une autre corde à l’arc du talentueux Mark Stoermer, on a ici un morceau plutôt jazzy dominé par ce qui semble être une clarinette (ou un saxophone, je ne sais pas). Mais cela n’est pas une raison pour abandonner les traditionnelles sonorités planantes style Pink Floyd. Un autre voyage magnifique.

10) Are Your Stars Out?

Place maintenant au deuxième single de l’album, dont le clip est sorti lundi. Pour ce deuxième extrait, Mark Stoermer a fait un monumental pied de nez au prédécesseur Spare The Ones That Weep en revenant à ses racines rock. Plus d’inspiration cinématographique, Mark a eu l’idée de ce titre en lisant les oeuvres de J.D Salinger. Du coup, ça donne un magnigifique morceau rock planant, toujours à la Pink Floyd. Si l’envie vous vient, je vous mets le clip ici pour que vous vous fassiez votre propre avis. Moi en tous cas j’adore!

11) Fingerspitzengefühl

Sûrement le morceau de l’album avec le titre le plus WTF! Par curiosité, j’ai fait quelques recherches, et comme on pouvait s’en douter: il s’agit d’un mot allemand parfaitement intraduisible… Mais on peut quand même s’approcher de son sens en parlant de « Faire preuve de doigté« . Il s’agit du 2ème interlude de l’album après Alchemical Formula. On y retrouve seulement 2 instruments: la guitare et le piano. Et dès les premières notes on comprend le sens du titre: c’est magnifique. Vous ne le savez peut-être pas mais vous avez tous entendu ce morceau avant la sortie de l’album puisque c’est un extrait de ce titre que Mark Stoermer a utilisé dans le trailer de l’album qu’il avait posté sur Facebook, et que je vous mets ici

12) What Was In-Between

Le morceau s’ouvre sur une note de violon archi obscure, avant que les claviers ne viennent calmer tout ça. On a encore et toujours ici une balade style Pink Floyd agrémentée de très bons solos de guitare marqués par une pédale Wah-Wah très poussé. On n’arrive pas a réaliser que l’album va se terminer dans une chanson, tant on aimerait que le voyage dure éternellement…

13) Pretend Song

Mais comme on dit: toutes les bonnes choses ont une fin. Alors autant ici terminer le travail avec une autre chanson surprenante dans la même veine que Blood and Guts. La chanson est parti d’un conseil de son ami Merkley, qui a demandé à Mark Stoermer de n’utiliser que son répondeur et sa boîte à textos de smartphone pour écrire les paroles du morceau! Une fois cette première phase terminé, Mark n’avait plus qu’à composer la musique qui va bien et à réenregistrer tout ça professionnellement. Résultat: ça donne la résurrection de Jeff Buckley, et ça donne envie de découvrir à quoi ressemblait la maquette! Une fin toute douce qui fait du bien.

En bref, je pense qu’il n’est pas exagéré de dire que Dark Arts est bien parti pour être un des albums de l’été. Mark Stoermer y a tenu toutes ses promesses: explorer des univers nouveaux (Spare The Ones That WeepTow The Line) tout en gardant ses racines rock et les influences qu’il a accumulées en 14 ans de basse avec The Killers (Drifting Caterpillar). Je vous conseille fortement d’aller acheter l’albums demain ou de l’écouter/télécharger sur les plateformes de streaming musical légales.

Prochain défi pour Mark Stoermer: le LP5 de The Killers, si le boulot avance. En tous cas chez The World Of Music on est impatients!

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